Bois du Château

Projet
Construction de 49 logements collectifs et 16 maisons individuelles.
Lieu
Lorient (56)
Maîtrise d’ouvrage
Keredes Immobilier
Statut

Concours lauréat 2025

Études en cours
Équipe de maîtrise d’œuvre
Architectes mandataires: Atelier L2

Paysagiste : Univers
Économiste : Cabinet Bagot
BET Structure : Ares Concept
BET Fluides / Thermique / Acoustique : SoLab
BET Environnement / Biosourcé / Réemploi : Étamine

SDP
4 788 m²
Budget
9,8 M€
Labels & Performances
NF Habitat HQE Excellent, RE2020 seuil 2025, Label bâtiment biosourcé niv. 2
Perspectives
Lotoarchilab

Atelier L2

Pendant des décennies, le Bois du Château s’est résumé à cinq tours, l’image même du grand ensemble. Trois sont démolies, deux réhabilitées, et le quartier se recompose aujourd’hui en « quartier jardin », dans la filiation des cités-jardins : des îlots à taille humaine, une trame arborée préservée, des venelles et des percées vers le parc du Bois du Château et la vallée du Scorff. Lauréats du concours lancé par Keredes, nous y concevons deux îlots voisins qui répondent à deux formes d’habiter, un immeuble de 49 logements et un ensemble de 16 maisons, et qui partagent une même conviction : rendre au quartier l’échelle humaine et faire du paysage la matière première du projet.

L’îlot C3 tient l’angle de deux nouvelles voies, face à l’entrée du parc. Le bâtiment se déploie en deux ailes, en R+4 et R+6, qui forment un angle ouvert. Nous avons fait le choix de monter plutôt que de s’étaler : libérer le sol, conserver les arbres existants et offrir au sud un cœur d’îlot en pleine terre, planté d’un petit bois de châtaigniers, de hêtres, d’érables et de merisiers. À l’angle, la cage d’escalier en brique claire ajourée, comme un moucharabieh, sert de repère au quartier et de lanterne à la nuit tombée. Côté rue, des coursives en exosquelette bois, décollées de la façade, deviennent de véritables prolongements des logements, lieux de rencontre et d’appropriation. Côté jardin, de larges balcons en bois ouvrent les séjours sur le cœur d’îlot. Les 49 logements, du T2 au T4, sont tous traversants. Socle de brique claire, enduit à la chaux, toitures à double pente : l’écriture, sobre et domestique, s’ancre dans l’architecture lorientaise et rompt avec la verticalité monolithique des anciens ensembles.

 

L’îlot C6 répond par une échelle encore plus intime : seize maisons en bande, réparties en deux rangées de huit qui se font face de part et d’autre d’une venelle-jardin. Au pied d’une tour de quatorze étages, ces maisons en R+1 assument pleinement l’échelle domestique et assurent la transition avec les quartiers pavillonnaires voisins. Avancées et retraits, toitures mono et double pente, alternance de brique blanche et d’enduit matricé rouge-brun : chaque maison affirme son identité sans rompre l’unité de l’ensemble. Toutes sont traversantes, avec leur propre adresse, leur jardin et leur terrasse, et elles sont évolutives : un T3 peut devenir T4 en accueillant une pièce supplémentaire sur la toiture végétalisée du rez-de-chaussée. Le stationnement, mutualisé dans un socle discret à l’ouest, libère la venelle centrale de la voiture. Les six maisons surélevées au-dessus gagnent en échange une terrasse de 25 m² et l’accès à un jardin collectif. Un atelier vélo partagé et quatre places vélo par maison complètent l’invitation aux mobilités douces.

 

Sur les deux îlots, l’ambition environnementale est à la fois exigeante et réaliste : certification NF Habitat HQE niveau Excellent, seuil 2025 de la RE2020 et niveau 2 du label bâtiment biosourcé. Les maisons sont entièrement construites en ossature bois préfabriquée en atelier, pour un chantier plus rapide, plus sec et plus sobre. L’immeuble associe une structure poteaux-poutres en béton bas carbone à des planchers en bois CLT sur la moitié de sa surface et à un remplissage en brique de terre cuite isolante, ce qui garantit sa réversibilité à long terme. Partout, l’isolation est biosourcée (ouate de cellulose, fibre de bois, laine métisse recyclée), les menuiseries sont en bois et les briques de parement proviennent du réemploi. Toutes les toitures produisent de l’électricité solaire. L’eau de pluie est récupérée pour l’arrosage et les sanitaires, puis infiltrée dans des noues paysagères : rien ne part au réseau sans avoir d’abord nourri le sol. Le confort d’été est anticipé par des moyens passifs et low-tech : logements traversants, protections solaires extérieures, inertie des matériaux, ventilation naturelle nocturne et brasseurs d’air. Nichoirs, hôtels à insectes, composteurs partagés et clôtures perméables à la petite faune font de chaque îlot un maillon de la trame verte qui relie le quartier à son parc. Au Bois du Château, construire autrement, c’est d’abord redonner envie d’y habiter.