Les Grands Prés Verts

Projet
Réhabilitation et extension d’un groupe scolaire élémentaire et création d’un accueil périscolaire.
Lieu
Thorigné-Fouillard (35)
Maîtrise d’ouvrage
Commune de Thorigné-Fouillard
Statut

Concours lauréat 2026

Études en cours
Équipe de maîtrise d’œuvre
Architectes mandataires: Atelier L2
Économiste : Cabinet Bagot & Associés
BET Structure : Ares Concept
BET Fluides / Thermique : Thalem Ingénierie
Acoustique : Acoustibel
Paysagiste : Univers
Cuisiniste : Process Cuisines
OPC : Yann Lefaucheux

SDO
3 200 m² (dont 1 490 m² d’extension)
Budget
3,65 M€
Labels & Performances
RE2020, démarche HQE, référentiel Énergie & Bas Carbone de Rennes Métropole
Perspectives
Atelier L2

Une école qui grandit sans cesser de fonctionner, c’est un exercice d’équilibriste. Le groupe scolaire des Grands Prés Verts se trouve à un point de bascule de la commune : des logements collectifs à l’ouest, des pavillons au nord, des terrains de sport à l’est, une zone artisanale au sud. Le bâtiment existant, avec ses longues lignes de toiture tendues, tournait jusqu’ici le dos à son propre terrain, et les espaces du sud restaient une réserve sans usage. Plutôt que d’ajouter des volumes les uns à côté des autres, nous avons choisi de retourner l’école vers l’intérieur. Les extensions viennent s’accrocher à l’existant à l’ouest et au sud pour dessiner une vraie cour centrale, protégée, où l’on comprend tout de suite où l’on va. L’école passe à douze classes, avec la possibilité d’en ajouter deux. Elle gagne un accueil périscolaire autonome et une restauration réorganisée en deux salles de 70 et 90 places.

 

Chaque intervention a son rôle. Au nord-est, le porche existant est en partie refermé pour agrandir le hall : l’entrée des élèves reste à la même place, simplement plus généreuse et plus lisible. Au sud, l’extension périscolaire fait office de signal. Sa toiture à deux pans inversés prolonge les lignes de l’existant, et son volume s’avance jusqu’à l’emmarchement pour attirer le regard depuis le parvis et les chemins qui descendent du centre-ville. À l’ouest, la salle à manger s’agrandit dans la continuité du socle existant, et une nouvelle classe s’installe à l’étage. Entre les trois, une circulation couverte longe la cour et rejoint le préau : on passe d’un bâtiment à l’autre à l’abri, et les adultes gardent un œil sur la cour. Un seul matériau habille toutes les extensions, un bardage bois clair, fin et posé en oblique. Il signe les interventions nouvelles sans jamais rivaliser avec l’école existante.

 

La construction est pensée comme une démarche environnementale à part entière. Les extensions sont réalisées en caissons d’ossature bois préfabriqués en atelier et isolés en paille hachée, puis refermés par un panneau de fibre de bois. Le chantier est ainsi plus sec, plus rapide et plus silencieux, ce qui compte quand les enfants sont en classe à quelques mètres. Le bois de charpente et le bardage viennent de scieries locales, et les bardages déposés dans l’emprise des extensions sont remis en œuvre. On applique la même logique à l’intérieur : laines biosourcées de fabrication française, plafonds acoustiques en fibre de bois, menuiseries intérieures en bois PEFC, peintures biosourcées. Avant les travaux, interrupteurs, luminaires et dalles de plafond sont déposés, triés et réemployés sur place, et les terres de terrassement restent sur le site pour modeler les espaces extérieurs. Le béton, réservé aux ouvrages où il est indispensable, est bas carbone.

 

Le confort est d’abord obtenu sans machines. Les casquettes, les débords et les protections solaires abritent les façades, et une surventilation nocturne rafraîchit les salles en été : aucune salle de classe n’est climatisée. Une pompe à chaleur au propane, fluide à très faible impact climatique, couvre environ 80 % des besoins de chauffage. L’ancienne chaudière n’intervient plus qu’en appoint, et une gestion technique centralisée suit les consommations au quotidien. Dehors, la cour se transforme. Le bitume se concentre au centre, pour les jeux de ballon et les vélos, puis laisse place vers les bords à des sols perméables, des copeaux de bois, des massifs plantés sur trois strates et des arbres de haute tige qui feront de l’ombre l’été. Un amphithéâtre en gradins accueille la classe dehors, les potagers sont réintégrés, et au sud, un jardin pédagogique avec fruitiers, cuve de récupération et peut-être des ruches fait de la biodiversité et du cycle de l’eau un sujet d’école. Toute l’eau de pluie est gérée sur la parcelle. On a cherché une école plus simple à vivre et plus sobre à faire tourner, où les enfants apprennent aussi dans la cour.