Planétarium de Bretagne

Projet
Modernisation du planétarium de Bretagne
Lieu
Pleumeur-Bodou (22)
Maîtrise d’ouvrage
Syndicat Mixte du planétarium de Bretagne
Statut

Concours lauréat 2025

Études en cours
Équipe de maîtrise d’œuvre
Architectes mandataires: Atelier L2

Scénographe: Laurence Leroy

Muséographe: Rosemarie Lucas Conseil

Graphiste: Baudon Elsa
TCE / Economiste: Betem
Acoustique: Acoustibel
Design Numérique: Mosquito
Eclairagiste: Les ateliers de l’éclairage

SDP
1 291 m²
Budget
2,1 M€
Perspectives

Atelier L2

Peu de lieux portent une telle charge symbolique. Pleumeur-Bodou est le site où, le 11 juillet 1962, furent captées les premières images de télévision transmises en direct par satellite entre les États-Unis et la France — la première transmission « mondovisée » de l’histoire, sous le célèbre Radôme aujourd’hui classé Monument Historique. C’est dans le sillage de cette épopée scientifique qu’ouvre, en mai 1988, le Planétarium de Bretagne : avec sa coupole de 20 mètres de diamètre et ses 280 places, il s’impose comme l’un des plus grands planétariums de France. Intervenir sur un tel équipement, au cœur du Parc du Radôme et en secteur ABF, c’est travailler sur un objet rare, à la croisée du patrimoine, de la science et de l’imaginaire collectif.

 

Le projet vise à moderniser cet équipement vieillissant tout en réaffirmant son caractère exceptionnel. Il associe une rénovation lourde du bâtiment à une refonte complète de l’expérience visiteur, depuis l’arrivée dans le parc jusqu’à la salle de projection sous coupole. L’organisation radiale du plan — héritée de la position centrale du simulateur d’étoiles, autour duquel les sièges s’ordonnent en cercles concentriques — est conservée et magnifiée. Autour de la salle immersive se déploient les nouveaux espaces : accueil, billetterie, boutique, salles pédagogiques et un parcours d’exposition muséographique conçu comme un voyage sensoriel à travers l’Univers. La mission de l’agence intègre ainsi pleinement les volets scénographique et muséographique, en interface étroite avec l’équipementier de projection.

 

Le parti architectural assume la singularité du lieu. À l’extérieur, une marquise circulaire vient envelopper le volume et signaler l’entrée, dialoguant avec la géométrie du dôme et le paysage du parc. L’écriture reste sobre et respectueuse du contexte patrimonial — le Radôme classé impose une grande retenue —, tout en donnant au planétarium une présence renouvelée, lisible depuis l’arrivée des visiteurs. À l’intérieur, le travail sur l’obscurité, la lumière et la matière prolonge l’expérience scientifique : les espaces préparent le visiteur au saut dans le cosmos que constitue la séance sous coupole.

 

L’ambition environnementale est structurante. L’opération est avant tout une rénovation thermique et énergétique d’un bâtiment des années 1980, dont la performance est entièrement repensée. Le projet intègre une étude de faisabilité géothermique en vue d’un chauffage par énergie renouvelable et locale, exploitant le sous-sol granitique du site — ce même granit qui avait jadis motivé l’implantation de la station spatiale. Réhabiliter plutôt que reconstruire, mobiliser la géothermie, requalifier l’enveloppe : à l’échelle d’un équipement culturel emblématique, ce projet conjugue exigence patrimoniale, performance énergétique et sobriété, pour offrir une seconde vie à l’un des lieux scientifiques les plus singuliers de Bretagne.