Jardins Midori
Projet
Construction d’un ensemble de 32 logements et cœur d’ilot paysagé
Lieu
Le Rheu (35)
Maîtrise d’ouvrage
Kermarrec Promotion
Statut
Livré
Équipe de maîtrise d’œuvre
Architectes mandataires: Atelier L2
Economiste: Cabinet Bagot
BET Structure: Ares Concept
BET Fluides / Thermique / HQE: Tribu
OPC, MOE, EXE : M2B
SDP
1 903 m²
Budget
3,60 M€
Labels & Performances
RE2020, E3C2, B BIO
Photographies
Dimitri Lamour
Le Rheu n’est pas une commune neutre. C’est historiquement une ville-jardin : dès les années 1950, l’urbaniste Gaston Bardet y a mené une expérience originale autour du « mariage de la ville avec la verdure », en préservant la trame bocagère existante. Labellisée 4 fleurs, traversée par le ruisseau du Lindon, la commune donne le sentiment d’une ville posée au milieu du bocage. La ZAC de la Trémelière prolonge exactement cet ADN — environ 1 200 logements sur 62 hectares, dont une part importante laissée à l’état naturel, organisée autour de la notion d’îlots-jardins. C’est dans cet emboîtement que s’inscrit notre projet : Midori signifie « vert » en japonais, des jardins dans une ZAC d’îlots-jardins, au sein d’une ville-jardin.
De ce contexte découle le parti fondateur du projet : ne pas ajouter un jardin autour des logements, mais faire pousser les logements dans le jardin. La conception est partie du sol, d’un grand chêne déjà présent et conservé, autour duquel s’organise un cœur d’îlot planté d’un verger. Les deux bâtiments en R+3 avec attiques rassemblent 32 logements mêlant accession libre et locatif social, sans aucune distinction d’architecture — on habite ensemble. Les derniers niveaux prennent la forme de « maisons sur le toit », pour que chacun, même en immeuble, garde un rapport direct au ciel. Le projet a été élaboré en ateliers de co-conception avec la commune, et une fresque de l’artiste Mioshe, visible depuis l’espace public, répond au grand chêne : la qualité y est offerte à tout le quartier, pas réservée aux habitants.
Les choix constructifs servent une même cohérence environnementale. La structure et les façades font appel au bois — matière vivante qui stocke le carbone plutôt que d’en émettre — associé à une isolation renforcée qui protège du froid comme de la surchauffe estivale et garantit un grand confort acoustique. Une chaufferie biomasse collective alimente le chauffage et l’eau chaude sanitaire des deux bâtiments à partir d’une énergie locale et renouvelable, avec une charge énergétique nettement plus stable que les énergies fossiles.
L’ambition environnementale se lit aussi dans le rapport au sol. Le projet fait le choix délibéré de ne pas créer de parking en sous-sol : l’un des bâtiments est surélevé plutôt que de mobiliser des volumes de béton enterrés, ce qui préserve un sol vivant et perméable. Les eaux pluviales sont intégralement gérées et infiltrées à la parcelle — rien ne part au réseau, tout retourne à la terre et au jardin. Cette sobriété constructive, conjuguée à la préservation du vivant existant et à la mixité sociale, a valu au projet la Pyramide d’Argent de la FPI en 2023.








